Epilogue
Après une semaine passée à Lima, la Citée des Rois, il a été temps de reprendre l’avion et de revenir en France. Nous avons atterris Vendredi après midi, juste une heure après notre petit déjeuné. Voila le voyage se termine. Un peu plus de six mois après notre départ sous la neige, notre retour prend des accents de choc thermique sous cette chaleur estivale. Ces milliers de kilomètres parcourus en Amérique du Sud ont été pour nous un souffle de liberté qui nous a poussés tout au long de la découverte de ce continent fascinant.
Riche de milieux et paysages typiques tous différents, nous nous sommes aventurés sur des terres mythiques. La Patagonie et sa steppe immense, où la solitude n’est souvent brisé que par la rencontre fortuite d’un guanaco ; l’Ile de Pâques et ses mystérieux moais ; Iguazu où la furie d’un fleuve crée un spectacle magistrale ; le Chaco grouillant d’animaux, qui, à la rencontre du Pantanal, s’anime sous le feu d’artifice du vols des oiseaux ; l’Altiplano et ces merveilles sculptées par la Nature en personne ; l’Atacama et le désert Nazca chacun fait de sécheresse ; et sur chaque bord l’Atlantique ou le Pacifique Sud qui isolent ce magnifique continent.
L’Amérique du Sud est aussi une terre d’Histoire, derrière chaque pierre peut se cacher une légende forgée par les grandes civilisations qui se sont succédées. La forêt tropicale comme l’Altiplano ou la Patagonie ont été les lieux où se sont épanouies des cultures entières avec des créations artistiques et architecturales bien encrées dans leurs milieux.Même après avoir longtemps été piétinés au nom d’un dieu ou de la sainte monnaie, le sentiment d’appartenance à un peuple ancien perdure toujours chez les natifs. Traditions et rites séculaires, comme la langue Quechua hérité des Inca ou les cérémonies religieuses Mapuche, se conservent de générations en générations avec plus ou moins de bâtons dans les roues. Certains gouvernements n’acceptent pas de concilier modernité et tradition. Mais derrière le passage de la grande Machine Mondialisation, les racines restent souvent en place.
Les peuples Sud Américains considère la Terre comme un être vivant, qu’ils nomment Pachamama. A l’image de la déesse Kâlî pour les Hindous ou Gaïa pour les Grecques, cette divinité est une considérée comme une mère qui peut aussi bien être créatrice que destructrice. A ce titre, il faut absolument respecter son intégrité et même lui apporter des offrandes pour garantir notre existence à sa surface. Malgré on importance dans les cœurs, les contradictions s’empilent en ce qui concerne l’usage de leurs territoires.
L’Amérique du Sud est le centre d’un intense pillage, les richesses géologiques et agricoles sont intensément exportées vers nos pays. Tout cela ne se fait pas sans laisser de traces, sans faire saigner la Terre comme les natifs pourraient le dire. Pollutions des sols et des rivières sont inhérentes à ces activités. La déforestation et même la désertification sont intimement liée à la sur exploitation de ces milieux. L’arrivée d’une société de consommation dans une société traditionnelle rime souvent avec la perte des activités agricoles traditionnelles et la transformation de la Nature comme réceptacle à ordure. Les problèmes environnementaux sont multiples et les cibles ne manquent pas. Que l’on se focalise sur la pérennité des peuplements humains ou sur l’érosion de la biodiversité les exemples se succèdent pour illustrer la situation (contamination du Rio Paraguay en plein cœur du Pantanal, désertification grandissante en Patagonie, exode climatique en Bolivie…)
Il perdure par endroit, comme dans certaines régions de la Bolivie, une conception du développement bien éloignée de celle que l’on a en occident, héritées des cultures pré colombiennes et de leurs fabuleuses épopées. Evo Morales président de la Bolivie explique cela aux Nations Unies depuis deux mandats déjà. Il différencie la politique du vivir bien et du vivir mejor. Cette notion trouve la aussi des similitudes avec les propos de Emmanuel Kant sur besoins primaires et relatifs. Pour résumer l’Homme doit se concentrer sur besoins primordiaux comme, avoir de l’eau potable, manger à sa faim, se vêtir, pouvoir se soigner,…, et non se disperser en multipliant ces besoins qui permettent d’exister et se hiérarchiser les uns les autres mais nous éloignent du bonheur. Morales critique pour sa part le système capitaliste, en expliquant que son peuple ne voie surtout que les conséquences de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et que la dynamique de croissance perpétuelle qui le fait vivre n’est pas compatible avec le système Terre.
La vie paisible de ces petites communautés passe aussi par la préservation et le respect des animaux emblématiques, qui sont les petits camélidés, le serpent, le puma et le condor. Les trois derniers appartiennent au bestiaire mythique et représentent les trois mondes de l’existence, infra monde, présent, et au-delà. Ils sont les gardiens de l’équilibre du monde Andins. Les petits camélidés comme le Lama et l’Alpaga sont d’une importance capitale. Comme le yack Tibétain ou le cheval Mongol, ces animaux sont utilisés dans leurs entiers, bât, laine, viande, et même peut être lait. Le Lama et l’Alpaga sont sans conteste des animaux aussi utiles qu’adorés.
Avant de terminer, il faut aussi revenir sur une rencontre forte de ce voyage. Les singes du nouveaux, Capucins, Singes Araignées, Saïmiri et tous ceux que l’on n’a pas rencontré, sont passionnant. Ils ont suivis un chemin évolutif différent de celui de l’Afrique dans un milieu complètement différent leur permettant d’utiliser leurs queux pour se déplacer de branche en branche. Les Capucins sont considérer comme l’une des espèces de primates les plus intelligentes, et ils le sont. Nous avons vraiment eu l’impression de rencontré de petite communauté comme si l’on pénétrait dans un village. Leurs personnalités toutes différentes les rendent très attachants.
Voila, l’Amérique du Sud est un continent qui se découvre à son rythme, celui de la Terre ou celui de la Samba. C’est en prenant le temps de vivre qu’un Nouveau Monde s’est ouvert devant nos yeux. Merci à tous de nous avoir suivis et soutenus lors de ce voyage. En espérant que nous avons pu vous transmettre nos sensations et notre émerveillement devant toutes nos découvertes.
Désert Nazca
Les déserts côtiers résument bien la dualité qu’il existe entre la terre et la mer. D’un coté les dunes qui viennent terminer le chemin des vagues et de l’autre un océan froid, incroyable réservoir de vie. A l’interface entre ces deux milieux, la faune a su évoluer pour tirer au mieux parti de cette aubène et créer quelques uns des écosystèmes les plus intéressants de la planète.
Le désert Nazca, sur la côte Sud du Pérou est l’un des plus arides au monde, il pleut environ 2 heures par ans. Les terres sont désolés, le minéral règne en maître absolue et à l’exception de quelques oasis, la vie y est réduite au plus stricte minimum. Malgré tout l’Homme a su s’implanter ici, les civilisations se sont succédées bravant les conditions extrêmes de cette région du globe.
Il faut dire qu’elle cumule les mauvais points. En plus de l’extrême sécheresse, la zone est aux proies à des tremblements de terres particulièrement violents. A cela il faut aussi rajouter des dérèglements climatiques périodiques, liés au phénomène El Niño. Habituellement, les eaux froides du courant de Humboldt apportent sécheresse atmosphérique, mais aussi une quantité incroyable de poissons. Tout les 6 à 10 ans, un courant chaud venant de l’équateur parvient à descendre la côte sud américaines, chassant alors la faune marine et causant des pluies diluviennes qui ravagent la région. De manière opposée, La Niña est une anomalie thermique des eaux équatoriales qui renforce les conditions d’aridité sur la côte Est Pacifique.
La côte péruvienne est le berceau des plus anciennes civilisations d’Amérique du Sud. Au Nord de Lima, la culture de Caral-Supe est contemporaine des premiers pharaons, elle remonte à 3000 2500 av. J.C. Elle donna suite à la culture Chavín qui fut l’une des plus prospères du Pérou antique jusqu’en 200 av. J.C. Les Mochica leurs succédèrent, mais un El Niño particulièrement violent ensabla les réseaux d’aqueduc et causa la perte de la civilisation.
Sur la côte Sud, les Paracas occupaient la péninsule qui portent aujourd’hui leur nom et qui signifie “pluie de sable” en Quecha, référence aux fréquents vents de sable qui soufflent ici. Cette civilisation s’est étendue de 1300 av. J.C. à 200 de notre aire. Les Paracas nous ont laissé des tissus et des céramiques très perfectionnés ainsi que d’importantes nécropoles, où la sécheresse du climat a conservé de nombreuses momies jusqu’à nos jours . Ils pratiquaient la déformation crânienne comme les égyptiens, en se bandant la tête depuis la plus petite enfance. On leur attribuerait le Candélabre, bien que personne ne sache vraiment qui la construit et ce qu’il représente. Ce géoglyphe de 200 mètres de long, pourrait représenter un cactus de San Pedro, il symboliserait la toute puissance de la culture Chavín qui entendait son influence jusqu’ici. On sait que les Paracas utilisaient ce cactus comme un puissant hallucinogène et comme sédatif lorsqu’ils pratiquaient des trépanations. Un peu plus dans les terres, un célèbre géoglyphe à forme humaine et à grands yeux reviendrait aussi aux Paracas.
Cette civilisation donna naissance à la culture Nazca, qui pendant prés de 1000 ans de 600 av. J.C. à 400 ap. J.C, ont édifié une intéressante civilisation, difficile à décrypter de nos jours qui. Maria Reiche passa sa vie à comprendre et préserver l’important patrimoine qu’ils nous ont laissé. Les abords des Río Ica et Nazca, recèlent de vestiges. Outre une importante quantité de céramiques, dont la technique de peinture par engobe avant cuisson, était révolutionnaire pour l’époque, on peut encore distinguer un réseau d’aqueduc qui servait à puiser et acheminé l’eau directement des nappes souterraines venues des Andes. Au Nord, la plaine de Nazca a été sauvé in extremis d’un projet d’irrigation par Maria Reiche.
Aprés la découverte des géoglyphes qui portent aujourd’hui le nom de lignes Nazca, elle passa sa vie et son énergie à les étudier et les protéger. On compte pas moins de 10 000 lignes et 200 figures sur une zone de 500 km2. Nous ne les avons pas survolé en avion, il y a beaucoup d’accident du aux mauvais états des appareils, d’autant plus que trois jours avant, un avion a été détourné par des narcotraficants et c’est retrouvé à la frontière entre le Bresil et la Bolivie. Nous les avons vu d’un mirador naturel, qui est une petite montagne au milieu de la plaine d’oú partent des lignes qui rejoignent les figures, certaines sont grandes de plus de 10 km. Différentes hypothèses se confrontent en se qui concerne le rôle de ces figures. Selon la plus en cours aujourd’hui, les lignes servaient de calendriers et de chemins de processions pour vouer un culte à l’eau venu des montagnes. La construction de ces géoglyphes demandait un système mathématique très complexe, encore inconnue à ce jour. Pour les confectionner il utilisait le phénomène naturel d’oxydation très lents dans ce milieu. En retournant les pierres le long des lignes, ils découvraient des zones plus claires qui constituaient les traits des dessins. Tout cela atteste d’un entendement spécifique de leur environnement, lieu de culte et d’expression artistique, il gardait une part mystique dans leur culture. La fin des Nazca coïncide avec une période de sécheresse intense qui disloqua le royaume, les vallées les plus approvisionnées en eau devinrent vite des centres de conflits.
En arrivant dans la région d’Ica et Pisco, ce qui nous a tout d’abord marqué, c’est le délabrement des constructions humaines. La région a souffert d’un séisme de magnitude 8 sur l’échelle de Richter en 2007. Encore aujourd’hui les stigmates du tremblement de terre sont encore visibles, les trottoirs et les murets sont renversés et les églises sont encore toutes fissurées. Une partie du village de Paracas a été abandonné et ressemble à une ville fantôme, prise en étau entre le désert et l’océan. Accolée au village, la réserve nationale de Paracas est, dans sa partie Sud, réserve intégrale de la biosphère. Composée à 40% de terre et 60% de mer c’est un site exceptionnel pour les mammifères et les oiseaux marins.
Tout d’abord les paysages du désert maritime. Elle permet d’entrer dans un univers de roches et de sables, où s’éxume par endroit des fossiles d’animaux marins et mollusques. Les roches en place datent en partie de 400 millions d’années, age auquel le continent était encore relié au Gondwana.
Le coté mer est encore plus intéressant, avec sa faune exceptionnellement riche. Nous sommes partie en bateau pour visiter les îles Ballestas, où les péruviens exploitent depuis plus de 200 ans le guano. Déjà sur l’embarcadère les pêcheurs jouent avec les pélicans en leur lanceant des poissons trop petits pour eux. Ces gros oiseaux planent au dessus de l’eau comme des Antonov russes. Plus loin, prés des falaises on peut apercevoir les condors des Andes, prenant les courants d’air ascendant pour jouer les fils de l’air. Ce sont les éboueurs des plages, ils viennent en quête de charognes à ce mettre sous la dent. Les Iles Ballestas se reconnaissent de loin, à la vue de la nuée d’oiseaux qui survolent la zone. Ils viennent pêcher les riches eaux qui bordent les rochers. Les Hommes aussi, des plongeurs amarrent leurs bateaux à proximités des estrans rocheux… Les lions de mer sont de la partie, accompagnés par les manchots de Humboltd qui vivent dans le courant. Sur les rochers et sur le haut des îles blanches de guano, des milliers de cormorans de Bouguinville et Gaimard s’élancent en escadrons. Les sternes incas très rapides voltigent au dessus des vagues pour pêcher au vol les poissons de surface, alors que les fous à pattes bleus planent en altitude et, lorsqu’il surprennent une proie, s’abattent à la manière du faucon crécelle pour plonger en profondeur. En revenant sur le rivage, des plongeons incessant attirèrent notre attention, ils délimitaient un ban de poissons, qui était suivie par une vingtaine de dauphin à bec court. C’était le clou du spectacle.
Machu Picchu
Des Nouvelles Merveilles de Mondes, le Machu Picchu est peut être l’une des plus inaccessibles. Construite sur un éperond rocheux, 2000m en contrehaut de la vallée, l’ancienne citée perdue se mérite. La ville est invisible de la vallée, on y accédait par un chemin escarpée qui est devenue maintenant le célèbre chemin des Inkas.
La construction de la citée débuta aux alentours de 1450, sous les ordres de Pachacútec, et s’étala sur les cents années d’occupation du cite, elle ne fut jamais terminée. Les pierres utilisées pour réaliser les édifices ne proviennent pas seulement de la montagne, mais aussi de Cuzco. Les meilleurs artisants de l’Empire étaient réquisitionnée pour modeler la cité, ils payaient ainsi un impôt en main d’oeuvre quelques mois par ans.
Les Inka ne nous ont pas laissés d’écrits et l’on ne sait pas vraiment à quoi servait cette ville perchée au dessus des nuages. Place forte protègé par la topographie et par des douves, elle aurait pu servir de poste avancé, avec une vue dégagée sur les tributs amazoniennes insoumises et particulièrement dangereuses. Une grande partie du site du Machu Picchu est réservée à des terrasses agricoles. Elles s’étalent entre 2300 et 2400m d’alt. et permettaient toute une série de micro climats, permettant de cultiver du maïs à la coca. Elles étaint alimentées en eaux par un système d’aqueduc qui puisaient l’eau des montagnes alentours. La citée aurait pu être un grenier à grains ou un laboratoire pour la production agricole de la région. Une autre facette de la ville réside dans ses batiments religieux. On y rencontre le temple du soleil, où tout les solstices d’hiver et d’été, le soleil se lève en pénétrant par une fenêtre. Un autre site montre une stèle polie qui aurait pu être un point d’attache du soleil ou un calendrier solaire. Le temple de l’eau est divisé en une série de fontaine qui parcourt la pente. La Machu Picchu était sans contexte un centre religieux très important. De nombreuses habitations sont construiront sur le site, elles attestent de la présence d’une population assez dense, de 500 à 1000 personnes. La cité aurait aussi pu être un centre administratif gérant une région assez peuplée.En tout cas les habitants de la cité fleuron de l’Empire Inka étaient choisis, l’élite y vivait et se préparait à y vivre. D’anciennes légendes relatent des histoires de Cuzqueins qui gagnaient le droit de vivre ici en marchant 3 jours et trois nuits sans manger ni boire.
Son emplacement improbable a su la préserver pendant des siècles dans sont écrins de forêt tropicale. La cité est restée habitée jusqu’en 1537, 5 ans après l’invasion, à cette date l’Inka ordonna le transfert de la population vers Vilacamba, capitale de l’Empire en exile. Il fit détruire tout les chemins d’accès et, on pense, protégea l’emplacement du site par tout un système de tabous. Les conquistadors ne mirent jamais la main sur cette cité, et elle fut complètement occultée des mémoires.
Ce n’est qu’en 1911 que Hiram Bingham découvrit par hasard le site et mis plus de 4 ans à le sortir de la végétation. Aujourd´hui ce sont les lamas qui jouent le rôle de tondeuses.Lorsqu’il demanda aux habitants de la vallée comment se nommait ce qu’il avait découvert, ils lui répondirent “Picchu, Machu Picchu” ce qui signifie “Vielle Montagne” en Quechua, le mythe était née.Les premiers visiteurs, de richissimes américains et européens ne faisait que peu de cas de ce patrimoine incommensurable de l’humanité et pillèrent sans aucun scrupules les vestiges de la civilisation Inka. De nos jours, il ne reste presque plus rien, tout a été dispersé au dessus des cheminées ou à coté des peaux de zèbres et des têtes d’ours.
Avant de grimper le Machu Picchu, il faut d’abord se rendre à Agua Calliente une ville uniquement dédié au tourisme. On y arrive par une route spectaculaire passant à travers les vallées cultivées de cacaoiers de caféiers. L’endroit y est trés touristiques, mais on se laisse facilement envahir par la magie du site. Pour avoir la chance de visiter le Hayana Picchu, la petite montagne qui surplombe le site, il faut commencer l’ascension tôt le matin. trés tôt… Nous sommes partis à l’assaut des centaines de marches qui gravissent la montagne à 4 heures du matin. Bien sure, nous n’avions pas pris de lampe frontale… l’ascension est un peu raide et je me croyais un peu en retard, du coup on est monté rapidement et dans la nuit on a doublé le guide…mal aux pattes… Nous avons choisis de rester la journée entière sur site et nous en avons pris plein les yeux. Entre le levé du soleil au dessus des montagnes et les coins reculés de la ville quand la masse de touristes est descendue, la Machu Picchu, même cinq siècles après son abandon, est toujours l’une des plus belles villes de la planète, peuplée des fantômes de l’Empire Inka.
Cuzco-Capitale Inka
En Europe, on dit que toutes les routes mènent à Rome, ici elles se rejoignent à Cuzco, l’ancienne capitale de l’Empire Inka. Concidérée comme le nombril du monde, quatre chemins, comme les quatre points cardinaux, partaient de la place centrale pour relier les provinces lointaines.
Selon la légende, vers le XIIème siècle, le premier couple Inka, fils et fille du soleil et de la lune, partirent des berges du lac Titicaca pour fonder la ville qui sera le centre d’un immense Empire. Manco Cápac et sa soeur Mama Ocllo marchèrent vers le Nord afin de trouver un endroit où leur bagette d’or puisse s’enfoncer dans le sol. Ils élurent domicile au sommet d’une vallée fertile et construisirent la ville qui devait unifier tout un royaume. Ils étaient investis d’une mission divine, civiliser les tribus de l’ancien Pérou, considérées comme primitives . Par le terme civiliser, le dieu Soleil entendait apprendre à vivre bien, cette notion perdure encore aujourd’hui, de nombreux hérités de l’Empire Inka opposent la politique de l’opulence, du vivre toujours mieux à celle de vivre simplement bien. Ainsi le premier Inka appris aux Hommes à cultiver la terre alors que sa soeur enseigna aux femmes à filer et tisser la laine de lama et d’alpaga.
La civilisation Inka resta bourgeonnante pendant près de trois siècles et ce n’est que vers la seconde moitié du XVème siècle qu’elles pris vraiment le titre d’Empire. L’Inka pris alors le nom de Pachacútec qui signifie “celui qui rassemble le monde”. Cuzco fédérait alors un Empire qui s’étendait des rives du Pacifique, aux lisières de la forêt Amazonienne et des montagnes Colombiennes aux vallées du Chilie et de l’Argentine, où résistaient les redoutables Mapuche.Lorsqu’une région était conquise les Inkas n’imposaient pas leurs cultures et religions, mais les incorporaient à aux leurs. Cette ville qui comptaient à son apogé prés 15 000 habitants, était le centre administratif et religieux de l’Empire, tout transitait par Cuzco et par les mains de l’Inka. Cette civilisation reste dans les mémoires comme sanguinaire parce que toute attenta à l’ordre de l’Empereur était punis de la peine de mort, mais elle a aussi su inventer un intéressant système de redistribution des productions et richesses, qui permettait d’exporter des marchandises de part et d’autre du territoire. Ainsi les Inkas protégeait les peuples de la famine en envoyant les surplus de production d’un endroit vers un autre plus nécessiteux et diversifiait le bol alimentaire des peuples et les échanges.
A l’arrivée de Francisco Pizarro en 1532, les premiers conquistadors découvrirent un Empire en quasi Guerre civile après une épidémie de variole, consécutive à l’arrivée européens sur le sol du nouveau monde. L’Empire était divisé en deux, les dessins expansionnistes avaient eu raison de lui et la décadence succédait au faste d’antan. Avec seulement une centaine d’hommes Pizzaro s’est emparé en quelques mois de Cuzco et du dernier Inka, Atahulpa. C’en fut fini des Inkas, les Conquistador assoiffés d’or massacrèrent les populations indigènes où les réduirent en esclavage pour piller leurs richesses, alors que l’Église catholique appliquait sont intolérance envers les autres religions et cultures à grands coups de théories dénigrantes envers les peuples indigènes et d’inquisition. Ce fut l’un des passages les plus sombres de l’Histoire de l’Humanité, en l’espace d’un siècle 90% des Inkas disparurent. Il faut aussi avouer qu’il conditionna le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.
La conquête de Cuzco coïncide avec l’écrasement de la culture Inka, mais les peuples andins sont fières et elle n’est jamais vraiment tombée dans l’oublie. La ville actuelle en témoigne. Les conquistadors se sont efforcés à détruire les lieux de cultes et belles bâtisses Inkas pour construire des églises et centres administratifs, mais ils n’ont jamais réussis à démolir les fondations et ont du se résigner à les utiliser pour construire leurs édifices. Lorsqu’on sillonne les rues étroites de Cuzco on est frappé par les sous bassement des constructions, les pierres sont parfaitement ajustées sans ciments et soutiennent des cathédrales entières.Elles sont les vestiges du passé Inka. Comble de l’Histoire, le génie Inka, traduisant leur parfaite adaptation à leur milieu de vie, traverse les temps, les tremblements de terres fréquents dans la région ont eu raison des constructions espagnoles, alors que les édifices Inka ont su résister.
Les habitants de Cuzco ont su préserver une autre part de leur culture, qu’il font revivre encore aujourd’hui autour du solstice d’hiver, en juin ici. Le 21 ou 22 Juin, les Inkas fêtaient le retour du dieu Soleil, l’Inti Raymi. Le Pape considérait ce rite comme païen et offensant (ils ont toujours su {eclairer l’humanite.). Les espagnoles ont alors obligé les Inka à fêter la Saint Jean, le 24. Les Inkas, qui savaient aussi se jouer de l’étroitesse d’esprit des envahisseurs, déclarèrent qu’ils allaient alors fêter la ville se jours là, tout en gardant à l’esprit qu’il perdureraient l’Inti Raymi. De nos jours, le 24 Juin est toujours marqué par le sacrifice d’un lama sur le site sacré de Sacsahuamán. Nous avons eux la chance d’être à Cuzco aux alentours du solstice, la ville entre véritablement en fête durant toute la semaine. Tous les jours les étudiants de chaque classes de chaque écoles défilent dans les rues pour danser en costumes traditionnels. On sent l’importance des carnavals dans la vie Sud Americaine où la danse, la musique et la fête restent omniprésentes toute l’année.
Les bords du lac Titicaca
Les lacs d’altitudes sont des enclaves de paix au milieu d’un environnement hostile. Le lac Titicaca est, pour les habitants de ces rives, bien plus qu’un élément du paysage. Il est le protecteur de leur vie paisible.
Après la fureur de La Paz, nous sommes partis pour Copacabana, et les berges du lac Titicaca. Cette immense étendue d’eau douce s’étend sur 13000 km2 à plus de 3800 m d’altitude, ce qui en fait le plus haut lac navigable au monde. Coincé entre les cordillères Occidentale et Orientale, il est le vestige du lac qui couvrait tout l’Altiplano au Quaternaire. Pour les boliviens et les péruviens, il a le statut de mer intérieur dont ils se disputent la possession. 60% Bolivie 40% Pérou pour la Bolivie et la même chose pour le Pérou.
Les rives de ce lac sont chargées d’histoire, c’est l’un des berceaux de l’agriculture andine, c’est ici que l’on a domestiqué pour la première fois la pomme de terre, il y a 8000 ans. Les variations du niveau des eaux entre périodes sèches et humides rendent les berges très fertiles. De plus, l’agriculture est d’autant plus facile que le lac joue son rôle de thermorégulateur entre le jour et la nuit. Il crée de surcroît un microclimat de 2ºC superieur à la moyenne altiplanique. Les riverains peuvent cultiver le maïs, alors qu’ailleurs il ne dépasse pas les 3000 m d’alt. Les bords du lac sont, depuis longtemps, le foyer d’une intense activité agricole, qui protège les riverains de la famine.
De nombreux vestiges attestent d’une longue occupation de ses rives. Les premières traces datent de -15000 avant JC, mais les aménagements les plus importants remontent aux civilisations Tiwanaku et Incas. Ils ont laissés derrière eux de nombreux plateformes, permettant de cultiver les pentes abruptes des bords du lac. Elles sont encore exploitées aujourd’hui.
Partie de Copacabana nous avons fait un petit trek le long de la presqu’île qui pointe du doigt l’Isla del Sol. Nous n’avons pas pu visiter l’Isla del Sol car nous étions un peu à court, nous n’avons pas pu retirer d’argent sur place! La balade passe part de petits villages où les habitants coulent une vie paisible. Ce sont des paysans, cultivant la terre avec des boeufs et des ânes, ils élèvent un peu de bétail, 4 moutons et 3 lamas. Ils ne possèdent presque rien, à part peut être l’essentiel. Ils ont tout pour être heureux, un cadre de vie à couper le souffle où le lac se perd à l’horizon sur les Andes enneigés, une terre fertile, le soleil, les enfants vont à l’école même dans les coins les plus reculés… Loin de toutes ces choses qui font notre existence, il existe d’autres manières de vivre, où il est bien plus facile d’accéder au bonheur. Lors de notre route, nous avons rencontré une grand mère qui descendait de la montagne avec ses 4 moutons. Quand elle nous à aperçue, elle n’a pas arrêté de nous parler en Aymara. Il à fallu l’aide de deux gamins, qui rentraient de l’école, pour comprendre qu’elle voulait une photo d’elle avec ses moutons.
Suite à cela, nous sommes partie pour Puno, du coté peruvien. Le Pérou est bien plus développé que la Bolivie, beaucoup plus touristique aussi. Nous sommes partie en excursion sur les îles flottantes des Uros, un peuple de marin d’eau douce qui vivent sur des îlots construits avec des joncs. Pour les construire, ils récoltent déjà du fond lacustre, qui flottent grâce aux racines de joncs et le recouvre ensuite de trois couches de tiges. Il faut dire qu’ils vivent sans cesse dans l’humidité et soufrent de rhumatisme, c’est un peu la même chose en Bresse. On est bien loin du tourisme responsable de Potosí, toute l’activité des Uros est maintenant tournée vers l’accueil du tourisme.
Nous avons aussi visitè l’île d’Itique, bien plus authentique. Les habitants de l’île sont très méfiants des gens extérieurs et limitent les contacts. Ce sont de très bons artisans , en ce qui concerne le filage de la laine et la confection d’habits traditionnels. Ce sont aussi des grands cultivateurs, exploitants le sol fertile de leur île avec ingéniosité. Ils sont végétariens, le bétail se limite à son strict minimum. De part le monde, c’est une constante, les peuples avec un régime carné limité vivent plus longtemps. Les habitants de l’île peuvent vivre jusqu’à 90 ans. Leurs coutumes sont différentes de celles de la cote, les hommes portent un bonnet rouge et blanc quand ils ne sont pas mariés et rouge quand ils le sont. Aussi, pour le mariage, il y a une période d’essai préalable, un an pour voir si ça va et après le divorce est interdit.
Nous avons aussi appris beaucoup sur la culture andine. Le lac Titicaca y tient une place très importante. C’est Mama Cocha, la mère des eaux, qui avec la Pachamama, la terre mére, et leurs deux soeurs, Inti le soleil et le vent, maintiennent l’équilibre de la vie. Le nom de Titicaca signifie Puma Pierre, il descend de légendes ancestrales attestant de la présence de nombreux pumas sur les bords du lac et même d’un puma de pierre. Des images satellitales ont montrés que la forme du lac rappelle un puma qui chasse un lapin. Cette animal, vénéré par les habitants des Andes, est omniprésent. L’existence est aussi partagée en différentes phases, représentées chacune part un animal. Les points communs avec d’autres conceptions, comme celle bouddhiste ou hindouiste, sont frappants. L’infra monde est représenté par un serpent, l’existence actuelle est celle du Puma et le niveau de vie supérieure est celui du Condor. Le passage d’un monde à l’autre se fait par un rituel mortuaire.
Nous quittons demain les berges de ce fabuleux lacs pour descendre vers les canyons péruviens.
La Paz
Perchée à plus de 3600 m d’altitude, La Paz, ou plutôt Nuestra Señora de La Paz, est une ville perdue au milieu de l’Altiplano. Isolée du reste du pays par des kilomètres de steppe, cette mégalopole de plus de 1,8 millions d’habitants reste, plus ou moins difficilement, le centre névralgique de l’état plurinational de Bolivie. Son titre de capitale est contesté, Sucre est la capitale constitutionnelle, Santa Cruz de la Sierra la capitale économique, et La Paz, et bien, la capitale administrative qui fédère un pays où certaines provinces aspirent à plus d’autonomie. Son statut est surtout du à un fait historique, c’est ici qu’a vécu et c’est révolté Pedro Domingo Murillo, héros de la lutte pour l’émancipation du pays, au XIXème siècle. Aujourd’hui la province de La Paz porte le nom de ce révolutionnaire.
Il est difficile d’expliquer pourquoi cette ville s’est implantée ici. Construite au milieu d’une cuvette où ne coule qu’un mince filet d’eau, la topographie comme l’accès aux ressources naturelles n’est pas des plus propice à l’urbanisation. Le fait est, qu’elle ne cesse de se rependre sur les flancs des montagnes, gagnant chaques jours des habitants.
Cette agglomération est cloisonnée en quartiers reflètant le niveau de vie des habitants. On dirait que l’altitude des habitations est inversement proportionnelle à la richesse des habitants.
La partie basse de la ville a vue s’élever des grattes ciels, c’est le quartier des affaires et le lieu de villégiature de la jeunesse dorée de Bolivie. Les quartiers résidentiels aisés se trouvent plus en contrebas de la ville, juste à l’entrée de la Valle de la luna.
Plus à l’Est se situe le quartier historique, où les vielles bâtisses coloniales cohabitent avec les églises et cathédrales. C’est aussi le quartier touristique où l’on trouve différents marchés artisanaux et le marché des sorcières. Les boliviens y viennent acheter des foetus de lamas séchés et autres décoctions pour offrir à la Pachamama ou a des amis.
Les bords de la cuvette sont couverts de quartiers résidentiels et de rues commerçantes. Tout l’espace est utilisé, même les pentes abruptes des différents monts qui parcèment la ville.
Plus en altitude juste sur la bordure, on trouve l’immense quartier d’El Alto, lieu de résidence des plus défavorisés. Plus on s’éloigne du centre ville plus les rues ressemblent à des bidons villes.
Cette ville fourmille d’activités, au milieu de la pollution est d’un vacarme de klaxons assourdissant. Mais c’est aussi l’un des centres culturels du pays avec plus de 300 festivals par ans. Au détours d’une rue, nous sommes tombés nez à nez avec un carnaval traditionnel. Le cortège défile avec costumes colorés et musique, sous le regrad de gens qui stoppent toutes activités lors de leur passage.
C’est aussi une ville de musées, ou l’on peut retracer l’histoire de la Bolivie au travers différents aspects de sa culture. Pour les plus intèressants, on peut citer le musée des instruments de musique Boliviens et le musée des métaux précieux. Les instruments de musique sont exposés avec en arrière fond des musiques traditionnelles qui leur correspond. L’ambiance y est très sympa et la collection très belle. Le musée des métaux précieux expose une impressionnante exposition d’objets et ornementations confectionnés durant l’époque précolombienne. Les pièces les plus intèresantes appartiennent à la culture Tiwanaku qui s’est étendue entre le Xème siècle avant JC au XIIème siècle de notre ère. Ce sont des diadèmes en or pure est des objets en argents qui servaient durant les cérémonies religieuses.
Plus en écart de la ville, non loin du lac Titicaca, on trouve les vestiges de cette civilisation. Sur le site archéologique, on peut voir la Pyramide d’Akapana construite sur 7 niveaux et rappelant la croix des Andes. Un réseaux de canalisation parcourant l’édifice servait à récolter l’eau de pluie afin qu’elle ruisselle sur les bords, comme elle le fait sur les pentes des Andes.
On peut aussi visiter 2 temples. Celui de Kalasasaya accueille la célèbre porte du soleil et celle de la lune, ainsi qu’un édifice semi souterrain, bordé de têtes humaines surveillant un mégalithe anthropomorphes. Le plus grands des mégalithes est aujourd’hui protégé dans une enceinte de béton, ses gravures sont magnifiquement bien préservés. On peut trouver certains points communs avec les Moais de l’Ile de Paques, notament en ce qui concerne leur orientation vers l’intérieur des sites. Plus loin, le temple du Puma est dédié à cet animal qui, dans la culture andine, symbolise le dieu pouvant dèvorer le soleil durant les éclipses. L’architecture et l’art Tiwanaku est assez primitif, mais constitue le berceau des autres cultures des bords du lac Titicaca. Parmi elles, on trouve la culture Incas, sur l’héritage de cette civilisation ancestrale.
Inti Wara Yassi
Au pied de l’Altiplano, la forêt tropicale se répend sur les flancs des montagnes comme les lianes descendent de la canopée. Depuis les balcons, on entrevoit cet univers vert qui s’étend à perte de vue. La jungle impénétrable est une barrière de tiges et de feuilles entremêlées, grouillante de vie, c’est notre plus grand obstacle perché du haut de nos deux jambes.
Nous venons de passer prés de 20 jours à Villa Tunari, un petit village planté aux abords du Parque Nacional Machia, dans la Communauté Inti Wara Yassi. Elle a pour vocation de prendre en charge les animaux de la jungle retenus en captivité, de les soigner, de leur donner un meilleur cadre de vie et si possible de les réhabiliter à la vie sauvage.
L’apprentissage pour survire dans ce milieu difficile est long, il demande un réamorçage des instincts naturelles et une remise en forme physique et psychologique. Les animaux qui arrivent dans le parc soufrent de leurs captivités. Ils ont souvent vus leurs mères ou les mâles dominants des groupes se faire massacrer avant d’être récupérés par les braconniers et suite à cela ils ont vécus des années derrière les barreaux d’une cage. Mais le pire est encore leur dépendance vis à vis de l’Homme, qui est presque totale.
Le parc est divisé en différents grands secteurs. Les félins (pumas, jaguars et ocelots) vivent dans des cages individuelles, disposées au travers de la montagne. Le travail des volontaires est de les faire courir dans la jungle quotidiennement, au bout d’une laisse. Leur remise en liberté est quasi inenvisageable. Comment peut on apprendre à un puma à chasser? Des petits carnivores comme des Koati ou des Kuchi Kuchi (genre de loutre terrestre) sont récupérés par le parc. Le travail est ici de laver les cages et de les promener mais sur de plus courte distance. Ces petites bêtes sont dangereuses, un koati est parti avec un bout de mollet du gars qui le tenait au bout d’une corde… Des volontaires prennent aussi soin d’oiseaux tropicaux protégés dans des volières, protégés parce que les singes du parc se feraient bien un petit perroquet plumé de temps à autre. En arrivant, les plus gros oiseaux ne savent plus voler, leurs muscles sont atrophiés et leurs ailes déformés par leurs cages trop petites. La réhabilitation est très difficile parce qu’il faut non seulement leurs réapprendre à voler, mais aussi trouver des lieux où les relâcher et former des groupes pour les espèces sociales. Ils sont très accoutumés aux humains et parlent à longueur de journée. Dans le parc on rencontre des perroquets, des perruches, des rapaces et un genre de dindon de la jungle au cri de tyrannosaures.
Océane et moi travaillions avec les singes à deux endroits très différents. Océane se trouvait au parc des singes, où les touristes viennent observer les singes. Elle devait les nourrir, nettoyer les cages, informer les visiteurs, et prendre soin des singes.
Différentes espèces cohabitent dans ce parc. Les capucins sont des singes sociaux très intelligents, ils vivent en groupes hiérarchisés autour d’un mâle alpha et de ses subordonnés. Ils sont les seuls primates avec Homo sapiens et le chimpanzé à pouvoir utiliser deux outils de manière coordonnée. Les singes araignées sont de gros singes noirs aux membres sur dimensionnés, ils ne savent pas trop quoi faire de leurs bras en courant et les agitent au dessus de leur tête. Le petit vit sans cesse accroché à sa mère qui se balance de branche en branche. A l’instar des singes du nouveau monde ils peuvent utiliser leur queue pour se déplacer. Les singes écureuils, ou Saïmiri, sont de très petite taille et sont les Arsène Lupin de la forêt. Ils chapardent la nourriture jusque sous le nez des mâles alpha et sont les grimpeurs les plus rapides de l’Ouest. Ils se déplacent en bande dans la canopée et se laissent tomber les uns après les autres en retombant sur les branches dans strates sous jacentes.
Je travaillais dans une petite clairière, perdue au milieu de jungle, où un groupe de capucins réapprennent la vie sauvage. Les singes évoluent le long de câbles tendus d’arbre en arbre, auxquels ils sont retenus. Mon travail consistait surtout à laver les cages et a construire de nouvelles, mais comme je suis français, c’est moi qui préparait le dîner des singes! Il y a moins de contact avec les singes ici, certains sont déséquilibrés et ne supportent ni les Hommes, ni les singes, et pour les autres il faut limiter les interactions pour qu’ils apprennent à vivre sans nous.
Travailler avec les singes est une expérience unique et très enrichissante. Au fil des jours les singes nous acceptent et on fait parti peu à peu du groupe de primate. Les relations qui s’immiscent sont fortes, même au bout d’une corde. Ce sont des sentiments très vrais que les singes nous renvoient, et ce sont les mêmes que nous utilisons entre nous. C’est animaux sont très intelligents, ils perfectionnent les outils qu’ils utilisent. Il n’est pas rare que les singes nous aident à laver les cages et qu’ils apprennent comment se servir d’un outil. J’adorais les voir explorer leur environnement, chercher à comprendre et même quelques fois juste se poser pour réfléchir. J’aime à croire que les groupes de singes sont vraiment des peuples à part entière avec leur savoir, leur coutume, leur imaginaire. Mais tout cela nous est inaccessible.
Le travail de ce parc est tout à fait louable, mais il est aussi truffé de non sens. Il permet de sauver des animaux condamnés, mais il est focalisé sur quelques espèces des plus emblématiques comme les singes, les pumas ou les perroquets. On ne tient pas compte de la protection de l’habitat naturel, dont la bonne santé est garante de la survie à long terme de ces animaux. Les excréments de singes sont lavés directement dans la rivière sans tenir compte de la pollution organique qui en émane. On construit des barrages dans le lit de rivière, pour permettre aux singes un accès à la plage, alors que la perturbation de l’écoulement de l’eau peut induire de grosses perturbations de la vie aquatique. Pourtant une partie du travail de la communauté Inti Wara Yassi réside dans la sensibilisation de la population à la protection de l’environnement. D’un coté, on dit aux gens de ne pas jeter les ordures dans la nature et de l’autre, on fait des choses sans tenir compte des impacts.
Mais tout cela est aussi consécutif au fait que la réflexion n’est pas poussée jusqu’à son bout. La gestion de ce parc est un peu bizarre, on a un peu l’impression que certains travaillent ici plus pour nourrir un égo sur dimensionné, que par réelle conscience écologique ou passion des animaux. C’est un peu le combat des petits chefs.
Mais la plus grande critique qui peut être faite, c’est bien le manque de respect qui plane ici. Nous sommes en Bolivie, dans un des pays les plus pauvres au monde et la cotisation pour faire parti du programme est de 2 fois le salaire mensuel, pour 15 jours, autant dire qu’il est inaccessible aux boliviens. Et qu’en bien même, ils ne pourraient même pas parler leur propre langue, les américains et autres anglophones imposent systématiquement l’anglais et ne font même pas l’effort de dire 2 mots en espagnol, faut dire que pour se foutre de la gueule des touristes ça va mieux en anglais!
Un autre manque de respect, cette fois envers concept d’animal sauvage se fait aussi sentir. Beaucoup viennent ici pour jouer avec des singes ou des pumas, et s’approprient complètement un animal, en ne le laissant pas vivre sa vie. Ils reproduisent exactement ce qu’on fait ceux qui les ont mis dans des cages. Pire encore, il y a beaucoup d’accident par morsures (les animaux sauvages restent dangereux même habitués à l’Homme) et on entendait des choses comme “J’espère bien me faire mordre moi aussi”. Les gens exposent leurs blessures comme des souvenirs de guerre.
Mais ça n’empêche pas qu’il y a aussi des gens très sympas et que l’on y fait de belles rencontres.
Vivre un moment dans la jungle bolivienne permet une immersion sous la canopée, à la rencontre d’un monde sauvage jusqu’au bout de la plus petite brindille. Vivre avec ces animaux tout les jours est aussi le moteur d’un grande introspection.
Le regard des singes nous renvoie au berceau de l’humanité … regardons maintenant ce que l’on en a fait…
Atacama
Il est tombé près du tiers des 25 à 30 mm de pluie annuelle en une seule journée et beaucoup disent qu’il ne pleuvra pas l’année prochaine. Lendemain du déluge, les sommets des Andes brillaient au soleil du matin, une pellicule de neige c’était déposée au dessus du désert. Mais ce paysage improbable fut des plus éphémères, en l’espace de quelques heures la quasi totalité de la neige s’est évaporée et même s’est sublimée sans humidifier les sols.
L’Atacama est le désert le plus aride au monde, il peut s’écouler 300 ans entre deux averses. C’est un désert d’altitude où il fait aussi froid que chaud (-25 la nuit 30 degrés Celcius le jour). Il est coincé entre la mer Chilienne, exteremement froide de part le courant de Humbolt qui longe les côtes et les Andes qui bloquent les perturbations venues de l’Est. De plus on se trouve en pleine zone intertropicale, le rayonnement solaire y est maximal.
Quand on arrive à San Pedro de Atacama on ne se rend pas bien compte de cette environnement hyper aride, le petit village comme son grand frère Calama sont construit autour d’oasis. Les chiliens sont les champions de l’irrigation, ils ont successivement reçu l’influence des incas et des espagnoles qui eux mêmes ont appris la maîtrise de l’eau des romains et des maures. San Pedro est parcouru par des kilomètres de réseaux d’irrigations à ciel ouvert qui alimentent potagers, verger et oliveraies. Des miradors alentour, le village ressemble à une tache verte accolée au Salar de Atacama.
Ici aussi, le Salar est issus de l’assèchement d’un ancien lac salé qui s’est créé entre la Cordillera Costal (-70 millions d’année) et les Andes (-35 millions d’année). Les modifications climatiques locales du à l’insurrection des Andes ont non seulement asséchées le lac mais aussi ont permis une compression d’une partie du salar. Le sel s’est cristallisé et s’est plissé pour former une véritable cordillère de sel, dans les canyons qui parcourent la cordillère on peut entendre la roche qui chante au soleil. Des inclusions de mica ont cristalisés entre les fissures des falaises de sel, ils ont la capacité de se dilater au soleil alors que le sel non. Aujourd’hui des rivières souterraines issus de la fonte des neiges andines alimentent San Pedro et creusent des karts sous la montagne de sel. consécutivement à tout ça un paysage lunaire s’est modelé, on l’appel la Valle de la Luna. Un écosystème très rudimentaire s’est établie ici composé de rapaces nocturnes et de petits rongeurs… qui doivent manger du sable je pense pour survire! Elle se termine par un vaste cratère surplombé par une dune de sable où l’on peut assister à un magnifique couché de soleil sur les Andes. Les couleurs changent à fur et à mesure que le soleil descend, parait il…
Rien ne pousse ici, l’Atacama est une succession de plaine aride balayés par des tornades et de montagne érodés par le vent jusqu’à l’océan. Iquique est une grande ville tournée vers l’océan, il n’y pas d’eau douce à proximité et des citernes géantes alimentent la ville. Une dune de sable de plus de 200 mètres de haut encercle la ville, mais économiquement cette ville est très importante. C’est l’un des accès à la mer les plus directes pour la Bolivie. De plus c’est un important port de pêche et de commerce. Le bord de mer est très plaisant, les lions de mer et les pélicans n’hésitent pas à venir pêcher au milieu du port.
L’Atacama et plus grand gisement minier du Chili, les mines percent le sol dans tout les sens. Ils consomment énormément d’eau, si bien que le Río Loa, le plus important du Nord du Chili est quasiment tarie. Le nouveau gouvernement de droite vient d’anoncer que les reserves en eau et en énergie seront de plus en plus tourner vers les industries, alors que les habitants de la région soufrent du manque d’eau. Par exemple San Pedro de Atacama est alimenté par des camions citèrne en été, une basine par foyer !
De bonnes idées germent dans cet environnement aride. Backpaker San Pedro, l’hôtel dans le quels nous étions, veut se transformer en éco gîte, ils veulent récupérer les eaux de lavage pour les toilettes et installer des panneaux solaires, mais toutes ces installations sont hors de prix au Chili, plus chères qu’en Europe.
Une route serpente entre les rochers, au fur et à mesure de l’ascension on rejoint le royaume du minéral. La haut plus rien ne vie, le désert règne sur ces terres gelées.
Uyuni est une ville perchée à 3400 m alt. sur l’Altiplano, pour s’y rendre, on parcourt des montagnes désertiques, ponctuées d’oasis où paissent des lamas décorés de leurs plus beaux apparats. Des villages se sont implantés le long des rares courts d’eau, ce sont de véritables explosions de vies au milieu de l’aridité ambiante.Uyuni est une ville en plein essor, de nombreuses mines ont ouvert dans les environs. Des capitaux américains et européens exploitent des gisements de métaux, dans les mêmes conditions de travail qu’à Potosì… Sinon il n’y a rien autour juste le désert de l’Altiplano, juste ça et c’est justement ce que l’on est venu chercher.
Nous sommes partis en excursion, 3 jours de 4×4 pour joindre San Pedro de Atacama de l’autre coté de la frontière chilienne. Nous partagions le véhicule avec 2 alemands et 2 suisses, pour former une équipe européene. Les paysages étaient simplement splendides, les mots me manquent pour expliquer ce que nous avons vécu.
Pour commencé nous sommes allé voir un cimetière de train. Ici la rouille se mêle au désert et immortalise les carcasses de ces monstres de fer. Suite à cela nous sommes entré sur le Salar d’Uyuni, un ancien lac asséché, grand comme le quart de la Suisse, dont il ne subsiste qu’un croûte de sel de 4 mètres d’épaisseur. Des hommes travaillent sur cette lentille blanche qui reflète l’éclat du soleil. Ils exploitent le sel, en rassemblant des monticules, le sel sert pour la cuisine ou il est exporté pour que le lithium soit raffiné. Lors de la saison des pluies en janvier février, le salar se couvre d’une pellicule d’eau qui en fait le plus grand miroir naturel au monde. L’horizon n’existe plus alors, il n’y a plus de limite au ciel. Lors de notre visite le salar était asséché, les perspectives en sont complètement modifiés par cette étendue blanche. Au milieu on trouve quelques îles dont la plus visitée se nomme Isla de Pescado. Sur ce petit rocher volcanique flottant sur une mer blanche, on trouve des cactus millénaires et un nandou venu se perdre ici… Ce lieu est magique et parait être une Arche de Noé ayant recueilli des cactus d’un autre temps. Au alentour, le sel dessine des hexagones à perte de vue. Sur les bord du salar on trouve les traces de nécropoles pré colombiens, les corps ont éte momifiés naturellement avec la secheresse de zone. Les guides considèrent comme une profanation le transfère des momies dans nos musées. Une autre grotte trés intéressante se trouve à proximitè, plusieurs chambres arborent des coraux et des drapés fait d’algues fossilisés. Le premier soir de notre trek nous avons dormis dans un hôtel de sel juste sur les bords d’un village très typique.
Le second jour, levé à l’aube…couvert…très couvert… Les nuages menaçaient au dessus du désert. Nous voulions monter observer un volcan en activité au milieu des paysages typiques du sud de l’Altiplano, et nous avons trouvé complètement autre chose. Comble des privilèges, il a neigé sur la région, cela faisait plus de 10 ans qu’aucun flocon n’était tombé ici! Au milieu de l’Altiplano silencieux, on entendait presque claquer les dents des vigognes transis de froid. Combien de personnes, avant nous, ont vue un désert sous la neige? C’était très beau, mais l’aventure était aussi au rendez-vous aussi. Le chauffeur, juste un peu plus vieux que nous, n’avait jamais conduit sur la neige, grosses frayeurs à chaque tournant. Nous avons tout de même poursuivit notre périple en direction des lacs salés de la région. Ces lacs, qui seraient des lieux où la vie seraient limités habituellement, sont ici les centres d’une intense activité biologique. La végétation des bords est d’un vert lumineux et les flamands roses fouillent le fonds des lacs en recherche du plancton rouge qui leur donne cette couleur. Les lacs altiplaniques sont très riches en avifaunes, on trouve trois espèces de flamands en de nombreux autres espèces de limnicoles et passereaux. Les déserts d’altitudes prennent différentes teintes, des langues de pierres volcaniques descendant des montagnes se rejoignent sur de hauts plateaux, surélevés à prés de 5000m d’alt. Des rocher érodés par le vent, formant des arbres de pierre, parsèment cette terre désolée. Plus tard, nous sommes entrés dans la réserve faunistique Eduardo Avaroa. Ici on préserve des espèces en voie d’extinction, comme la vigogne ou le chinchilla. On concerve aussi le patrimoine génétique des races de lamas et alpagas. Nous avons dormi dans un refuge rudimentaire construit sur les bords de la Laguna Colorada, du nom de la couleur du plancton que mange les flamands. Le plus impressionnant ici, sont les concrétions de sel qui forment naturellement des genres d’iceberg au milieu du lac. Le therme de règne minéral prend ici tout sont sens, on touche ici la limite de la vie. Pourquoi ne pas considérer ces cristaux comme vivant alors qu’ils modifient leur environnement pour s’établir, qu’ils se répliquent d’eux mêmes et qu’ils grandissent en pompant les éléments qui les constitues dans les eaux du lac?
Le lendemain, les chauffeurs des 4×4 étaient trés anxieux, sur les 30 véhicules qui sont arrivés au refuge, seul 5 sont reparti sur la neige. Nous sommes parti tellement tôt que nous avons visités un site de geysers de nuit! Ils étaient très impressionnant, quelques fumerolles crachaient de la vapeur par si par là, mais surtout une marmite de 20 m de diamètres laissaient s’évaporer l’eau émanant d’une boue en ébullition. La région est remplie de source d’eau chaude, avant le petit déjeuné nous nous sommes baignés dans une piscine d’eau chaude à 39 degrés Celcius. Autour de nous, la neige, les nuages noirs accrochés aux montagnes, le lac salé avec ses flamands roses créaient un environnement surréaliste. Quelques kilomètres plus loin, on trouve les roches de Dali. Ce sont des alignements de pierres au milieu du désert, qui semblent tout droit sortis d’un tableau de Salvador Dali. Avec la neige, c’était plus le même peintre, mais la nature est la plus grande des artistes. Prés de la frontière chilienne, on trouve la laguna Blanca qui se jette dans le laguna Verde. Les eaux des ces lacs sont de véritables poisons, les métaux lourds y sont dissous en abondances. Les animaux de la région sont capables de boire l’eau des lacs salés pour survire, mais dans ceux là rien ne vie. Le poste frontière est perdue au milieu de rien, c’est une petite cabane construite à 5000m d’alt. où les 4×4 laissent quelques touristes à leurs tristes sorts. Non, des bus viennent de San Pedro de Atacama, mais ce jour là, la neige rendait les choses beaucoup plus compliqués. Nous avons quand même pu prendre un bus pour redescendre sur San Pedro. Cela faisait plus de 15 ans qu’il n’avait pas plus à cette saison sur l’Atacama!
La tête dans les nuages
Après avoir traversé des hauts plateaux, où des villageois cultivent l’avoine sur leurs petits lopins de terre, nous sommes arrivés à Potosí. Patrimoine de l’humanité, Potosí garde jalousement son titre de ville la plus haute du monde, ici perchée à 4070 m alt. Nous avons mis du temps à nous acclimater, les jours paraissaient long dans notre chambre d’hôtel à couver notre fièvre. Voila ce que ça fait quand on met des gens de la plaine au dessus des nuages…
Potosí possède un important patrimoine architectural, bâtiments coloniaux et églises trônent au milieu de la ville comme les joyeux du passé. Ils reflètent le temps où Potosí était le centre du monde colonial. A une époque elle était plus grande que New York, Paris ou même Londres. La ville est construite au pied du Cerro Rico, un volcan étains qui recèle des montagnes de métaux précieux et notamment l’argent et l’or. Selon la légende, en 1432, les incas découvrirent le filon en allumant un feu de bois, l’argent fondu dégoulinait alors des flancs de la montagne. Lors de l’invasion des colons en XVI ème siècle, les mines ont été volées par la couronne d’Espagne et Potosí est devenue l’usine qui frappait la monnais pour l’Europe et l’Amérique, et cela jusqu’à l’émancipation de la Bolive au XIX ème siècle.
La Casa de la Moneda est aujourd’hui transformée en l’un des musées les plus importants d’Amérique du Sud. On peut y voir une importante collection d’oeuvres d’art pré-colombiennes et datant de l’Empire. Parmi elle, un tableau anonyme réalisé pour justifier l’exploitation de la mine par les colons,”Au nom du Père, du Fils, du Saint Esprit, du Pape, de l’empereur et du mécène qui peu s’acheter le monde” nous avons le droit de voler les mines, les piller et de réduire en esclavage les indigènes. Voila les bases de nos sociétés modernes capitalistes et impérialistes symbolisés dans ce tableau. Le musée est très intéressant, il accueille de surcroît une impressionnante collection de monnais d’époque ainsi que le matériel nécessaire pour les frapper. La pièce la plus impressionnante du musée est une presse rotative de 4 m de haut tout en chêne vert (venue d’Europe) dont l’énergie venait de 4 mulets.
La ville s’est construite autour des mines, elle est toujours séparée en deux par un fleuve artificiel, tari maintenant. D’un coté on trouve la colonie européenne, avec ces bâtiments à balcon et son luxe attentatoire fasse à la colonie indigène aux maisons sans fenêtre et aux murs épais de plus d’un mètre pour se protéger du froid. Tout ici témoigne des conditions inhumaines dans lesquelles l’exploitations des mines a été commandité par les occidentaux. A l’origine, les indigènes et des esclaves venus d’Afrique, travaillaient, mangeaient et dormais à l’intérieur de la montagne. Ils entraient pour 6 mois dans l’entre de la Terre, beaucoup en mouraient. On nomme le Cerro Rico, la montagne qui mange des hommes, parce que depuis les 450 ans d’exploitation du gisement plus de 8 millions de personnes sont mortes dans ces galeries. La montagne a perdue 300 m à force d’effondrements.
Aujourd’hui encore plus de 4000 personnes travaillent dans les mines de Potosí, l’exploitation des minerais de la montagne restent la seule activité de la région. Les mineurs travaillent toujours d’arrache pied, 24 heurs affilé en mâchant de la coca et buvant de l’alcool à 90 degrés pour tenir le choque. Leurs outils n’ont presque pas changé depuis l’époque colonial, marteau et burin, avec une innovation la dynamite que l’on trouve en vente libre dans les rues de Potosí. La rudesse des conditions de travail est frappante, écoeurante tant ses gens en sont réduit à faire le sacrifice de leurs corps pour gagner des misères. l’espérance de vie n’excède pas trente ans chez les mineurs, les taux de plomb et de mercure atteignent des records dans leur sang et beaucoup meurt aussi de silicose. Les plus pauvres habitent sur les flancs de la montagne, exposés à toutes les poussières. Les enfants travaillent depuis leurs plus jeune âge dans la mine. Ils deviennent très vite les soutiens de familles, le père étant souvent décédé au fond d’une galerie.
”j’espère devenir grand et ne pas mourir dans la mine comme mon père. Oui…je suis trop jeune pour mourir. ” Basilo 12 ans….
Nous avoir la possibilité de visiter ces mines, le tour-operator que nous avons choisi (Amigos de Bolivia) est spécialisé dans le tourisme équitable et une part de l’argent versé sert à financer l’instruction scolaire des enfants travailleurs, pour leurs donner une chance de s’échapper comme ils le disent. De plus le gouvernement actuel, indigné par ce qui se passe ici, fourni maintenant une rente de 200 bolivianos par mois à chaque enfant et a construit une école et un hôpital au pied de la montagne. Les enfants vont aux cours du soir, la journée ils travaillent… mais les choses n’évoluent pas, il n’y a pas d’autres activités. Nous avons côtoyé l’espace d’un moment ce milieu en nous aventurant dans les galeries de la montagne à la recherche des mineurs. Chaque mine commence par de vieux fer rouillés sur lesquels roulent des chariots au fond rond. d’entré est arrosée de sang de lama en offrande à la Pachamama, la créatrice. Mais l’intérieure de la Terre est le royaume de Tio, une divinité copiée du diable apporté par les espagnoles, les mineurs croient en lui, non pas par admiration mais par nécessité. Deux fois par semaine ils donnent des offrandes à Tio, coca cigarettes et alcool à 90, pour qu’il soit généreux qu’il apportent de bons filons, les mineurs étant rémunéré à la qualité des minerais qu’ils extraient, et surtout qu’il les maintient en vie. Aussi bien généreux que maléfique, c’est lui qui décide du sort des mineurs à chaques explosions de dynamite. Au plus profond des galeries, les mineurs travaillent dans les 3 dimensions déblayant les roches de leurs pauvres outils et portant des tonnes de leurs bras. A l’extérieur, les femmes trient les cailloux sélectionnant les plus riches en minerais. Tout alors est récupéré par des entreprises privées pour être purifié un peu plus loin, polluant les de surcroît les rivières qui descendent du cerro.
C’est une réalité choquante que l’éxistance de ces demi-morts, qui s’enterrent de leurs mains chaque jour un peu plus au fond des galeries. Mais au lieu de nous indigner sur les faits, nous devons plutôt réfléchir sur l’utilisation de ces métaux précieux. Le matériel électronique est devenu aujourd’hui l’un des principaux consommateurs de ces métaux. Nous avons alors tous un jour ou l’autre pris part à cette saloperie. A quoi ça sert de changer de portable 4 fois par ans sinon à lever, avec orgueil, l’étendard de notre inhumanité.
Pour finir sur une note plus douce, nous aimerions vous révéler l’emplacement d’un endroit de paradis perdu au milieu des Andes boliviennes. El Ojo del Inca est un lac d’eau chaude qui s’est remplis dans le cratère d’un ancien volcan. Pour s’imaginer l’endroit, il faut d’abord planter le décor. Le lac surplombe une petite vallée fertile où les eucalyptus et les saules dessinent en pointillé les contours des villages, de chaque coté on peut voire des montagnes aux plissements multicolores ou aux plateaux érodés. Sur ces berges lui le vert d’une végétation provocante au milieu de cette terre aride. C’est là que nous nous sommes baignés dans une eau avoisinant la température de notre corps. Avant de retrouver la civilisation, Potosí et ses rues polluées, mais où les boliviens respirent la joie de vivre. Tout les jours matins et soir des bandas de cuivres et grosses caisses descendent les rues, laissant derrière eux le sourire sur la bouche des passants.
















