La Paz
Perchée à plus de 3600 m d’altitude, La Paz, ou plutôt Nuestra Señora de La Paz, est une ville perdue au milieu de l’Altiplano. Isolée du reste du pays par des kilomètres de steppe, cette mégalopole de plus de 1,8 millions d’habitants reste, plus ou moins difficilement, le centre névralgique de l’état plurinational de Bolivie. Son titre de capitale est contesté, Sucre est la capitale constitutionnelle, Santa Cruz de la Sierra la capitale économique, et La Paz, et bien, la capitale administrative qui fédère un pays où certaines provinces aspirent à plus d’autonomie. Son statut est surtout du à un fait historique, c’est ici qu’a vécu et c’est révolté Pedro Domingo Murillo, héros de la lutte pour l’émancipation du pays, au XIXème siècle. Aujourd’hui la province de La Paz porte le nom de ce révolutionnaire.
Il est difficile d’expliquer pourquoi cette ville s’est implantée ici. Construite au milieu d’une cuvette où ne coule qu’un mince filet d’eau, la topographie comme l’accès aux ressources naturelles n’est pas des plus propice à l’urbanisation. Le fait est, qu’elle ne cesse de se rependre sur les flancs des montagnes, gagnant chaques jours des habitants.
Cette agglomération est cloisonnée en quartiers reflètant le niveau de vie des habitants. On dirait que l’altitude des habitations est inversement proportionnelle à la richesse des habitants.
La partie basse de la ville a vue s’élever des grattes ciels, c’est le quartier des affaires et le lieu de villégiature de la jeunesse dorée de Bolivie. Les quartiers résidentiels aisés se trouvent plus en contrebas de la ville, juste à l’entrée de la Valle de la luna.
Plus à l’Est se situe le quartier historique, où les vielles bâtisses coloniales cohabitent avec les églises et cathédrales. C’est aussi le quartier touristique où l’on trouve différents marchés artisanaux et le marché des sorcières. Les boliviens y viennent acheter des foetus de lamas séchés et autres décoctions pour offrir à la Pachamama ou a des amis.
Les bords de la cuvette sont couverts de quartiers résidentiels et de rues commerçantes. Tout l’espace est utilisé, même les pentes abruptes des différents monts qui parcèment la ville.
Plus en altitude juste sur la bordure, on trouve l’immense quartier d’El Alto, lieu de résidence des plus défavorisés. Plus on s’éloigne du centre ville plus les rues ressemblent à des bidons villes.
Cette ville fourmille d’activités, au milieu de la pollution est d’un vacarme de klaxons assourdissant. Mais c’est aussi l’un des centres culturels du pays avec plus de 300 festivals par ans. Au détours d’une rue, nous sommes tombés nez à nez avec un carnaval traditionnel. Le cortège défile avec costumes colorés et musique, sous le regrad de gens qui stoppent toutes activités lors de leur passage.
C’est aussi une ville de musées, ou l’on peut retracer l’histoire de la Bolivie au travers différents aspects de sa culture. Pour les plus intèressants, on peut citer le musée des instruments de musique Boliviens et le musée des métaux précieux. Les instruments de musique sont exposés avec en arrière fond des musiques traditionnelles qui leur correspond. L’ambiance y est très sympa et la collection très belle. Le musée des métaux précieux expose une impressionnante exposition d’objets et ornementations confectionnés durant l’époque précolombienne. Les pièces les plus intèresantes appartiennent à la culture Tiwanaku qui s’est étendue entre le Xème siècle avant JC au XIIème siècle de notre ère. Ce sont des diadèmes en or pure est des objets en argents qui servaient durant les cérémonies religieuses.
Plus en écart de la ville, non loin du lac Titicaca, on trouve les vestiges de cette civilisation. Sur le site archéologique, on peut voir la Pyramide d’Akapana construite sur 7 niveaux et rappelant la croix des Andes. Un réseaux de canalisation parcourant l’édifice servait à récolter l’eau de pluie afin qu’elle ruisselle sur les bords, comme elle le fait sur les pentes des Andes.
On peut aussi visiter 2 temples. Celui de Kalasasaya accueille la célèbre porte du soleil et celle de la lune, ainsi qu’un édifice semi souterrain, bordé de têtes humaines surveillant un mégalithe anthropomorphes. Le plus grands des mégalithes est aujourd’hui protégé dans une enceinte de béton, ses gravures sont magnifiquement bien préservés. On peut trouver certains points communs avec les Moais de l’Ile de Paques, notament en ce qui concerne leur orientation vers l’intérieur des sites. Plus loin, le temple du Puma est dédié à cet animal qui, dans la culture andine, symbolise le dieu pouvant dèvorer le soleil durant les éclipses. L’architecture et l’art Tiwanaku est assez primitif, mais constitue le berceau des autres cultures des bords du lac Titicaca. Parmi elles, on trouve la culture Incas, sur l’héritage de cette civilisation ancestrale.






