Les bords du lac Titicaca
Les lacs d’altitudes sont des enclaves de paix au milieu d’un environnement hostile. Le lac Titicaca est, pour les habitants de ces rives, bien plus qu’un élément du paysage. Il est le protecteur de leur vie paisible.
Après la fureur de La Paz, nous sommes partis pour Copacabana, et les berges du lac Titicaca. Cette immense étendue d’eau douce s’étend sur 13000 km2 à plus de 3800 m d’altitude, ce qui en fait le plus haut lac navigable au monde. Coincé entre les cordillères Occidentale et Orientale, il est le vestige du lac qui couvrait tout l’Altiplano au Quaternaire. Pour les boliviens et les péruviens, il a le statut de mer intérieur dont ils se disputent la possession. 60% Bolivie 40% Pérou pour la Bolivie et la même chose pour le Pérou.
Les rives de ce lac sont chargées d’histoire, c’est l’un des berceaux de l’agriculture andine, c’est ici que l’on a domestiqué pour la première fois la pomme de terre, il y a 8000 ans. Les variations du niveau des eaux entre périodes sèches et humides rendent les berges très fertiles. De plus, l’agriculture est d’autant plus facile que le lac joue son rôle de thermorégulateur entre le jour et la nuit. Il crée de surcroît un microclimat de 2ºC superieur à la moyenne altiplanique. Les riverains peuvent cultiver le maïs, alors qu’ailleurs il ne dépasse pas les 3000 m d’alt. Les bords du lac sont, depuis longtemps, le foyer d’une intense activité agricole, qui protège les riverains de la famine.
De nombreux vestiges attestent d’une longue occupation de ses rives. Les premières traces datent de -15000 avant JC, mais les aménagements les plus importants remontent aux civilisations Tiwanaku et Incas. Ils ont laissés derrière eux de nombreux plateformes, permettant de cultiver les pentes abruptes des bords du lac. Elles sont encore exploitées aujourd’hui.
Partie de Copacabana nous avons fait un petit trek le long de la presqu’île qui pointe du doigt l’Isla del Sol. Nous n’avons pas pu visiter l’Isla del Sol car nous étions un peu à court, nous n’avons pas pu retirer d’argent sur place! La balade passe part de petits villages où les habitants coulent une vie paisible. Ce sont des paysans, cultivant la terre avec des boeufs et des ânes, ils élèvent un peu de bétail, 4 moutons et 3 lamas. Ils ne possèdent presque rien, à part peut être l’essentiel. Ils ont tout pour être heureux, un cadre de vie à couper le souffle où le lac se perd à l’horizon sur les Andes enneigés, une terre fertile, le soleil, les enfants vont à l’école même dans les coins les plus reculés… Loin de toutes ces choses qui font notre existence, il existe d’autres manières de vivre, où il est bien plus facile d’accéder au bonheur. Lors de notre route, nous avons rencontré une grand mère qui descendait de la montagne avec ses 4 moutons. Quand elle nous à aperçue, elle n’a pas arrêté de nous parler en Aymara. Il à fallu l’aide de deux gamins, qui rentraient de l’école, pour comprendre qu’elle voulait une photo d’elle avec ses moutons.
Suite à cela, nous sommes partie pour Puno, du coté peruvien. Le Pérou est bien plus développé que la Bolivie, beaucoup plus touristique aussi. Nous sommes partie en excursion sur les îles flottantes des Uros, un peuple de marin d’eau douce qui vivent sur des îlots construits avec des joncs. Pour les construire, ils récoltent déjà du fond lacustre, qui flottent grâce aux racines de joncs et le recouvre ensuite de trois couches de tiges. Il faut dire qu’ils vivent sans cesse dans l’humidité et soufrent de rhumatisme, c’est un peu la même chose en Bresse. On est bien loin du tourisme responsable de Potosí, toute l’activité des Uros est maintenant tournée vers l’accueil du tourisme.
Nous avons aussi visitè l’île d’Itique, bien plus authentique. Les habitants de l’île sont très méfiants des gens extérieurs et limitent les contacts. Ce sont de très bons artisans , en ce qui concerne le filage de la laine et la confection d’habits traditionnels. Ce sont aussi des grands cultivateurs, exploitants le sol fertile de leur île avec ingéniosité. Ils sont végétariens, le bétail se limite à son strict minimum. De part le monde, c’est une constante, les peuples avec un régime carné limité vivent plus longtemps. Les habitants de l’île peuvent vivre jusqu’à 90 ans. Leurs coutumes sont différentes de celles de la cote, les hommes portent un bonnet rouge et blanc quand ils ne sont pas mariés et rouge quand ils le sont. Aussi, pour le mariage, il y a une période d’essai préalable, un an pour voir si ça va et après le divorce est interdit.
Nous avons aussi appris beaucoup sur la culture andine. Le lac Titicaca y tient une place très importante. C’est Mama Cocha, la mère des eaux, qui avec la Pachamama, la terre mére, et leurs deux soeurs, Inti le soleil et le vent, maintiennent l’équilibre de la vie. Le nom de Titicaca signifie Puma Pierre, il descend de légendes ancestrales attestant de la présence de nombreux pumas sur les bords du lac et même d’un puma de pierre. Des images satellitales ont montrés que la forme du lac rappelle un puma qui chasse un lapin. Cette animal, vénéré par les habitants des Andes, est omniprésent. L’existence est aussi partagée en différentes phases, représentées chacune part un animal. Les points communs avec d’autres conceptions, comme celle bouddhiste ou hindouiste, sont frappants. L’infra monde est représenté par un serpent, l’existence actuelle est celle du Puma et le niveau de vie supérieure est celui du Condor. Le passage d’un monde à l’autre se fait par un rituel mortuaire.
Nous quittons demain les berges de ce fabuleux lacs pour descendre vers les canyons péruviens.








Voilà un moment que je n’avais pas eu le temps de regarder votre blog………………………………………………………………………………..
là, je jurerais bien pour exprimer mon ébahissement mais ça se fait pas devant tant de monde.
Je vous vois d’ici au milieu de vos primates et au bord du lac Titicaca. Les réflexions introspectives d’Elie à voir les gens, les animaux,… Océane pouponnant ses primates. Je vous vois d’ici et en meme temps c’est tellement incroyable !
Vivement que vous nous racontiez tout ca de vive voix !
biz
Manon