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Epilogue

12 juillet 2010
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Après une semaine passée à Lima, la Citée des Rois, il a été temps de reprendre l’avion et de revenir en France. Nous avons atterris Vendredi après midi, juste une heure après notre petit déjeuné. Voila le voyage se termine. Un peu plus de six mois après notre départ sous la neige, notre retour prend des accents de choc thermique sous cette chaleur estivale. Ces milliers de kilomètres parcourus en Amérique du Sud ont été pour nous un souffle de liberté qui nous a poussés tout au long de la découverte de ce continent fascinant.

Riche de milieux et paysages typiques tous différents, nous nous sommes aventurés sur des terres mythiques. La Patagonie et sa steppe immense, où la solitude n’est souvent brisé que par la rencontre fortuite d’un guanaco ; l’Ile de Pâques et ses mystérieux moais ; Iguazu où la furie d’un fleuve crée un spectacle magistrale ; le Chaco grouillant d’animaux, qui, à la rencontre du Pantanal, s’anime  sous le feu d’artifice du vols des oiseaux ; l’Altiplano et ces merveilles sculptées par la Nature en personne ; l’Atacama et le désert Nazca chacun fait de sécheresse ; et sur chaque bord l’Atlantique ou le Pacifique Sud qui isolent ce magnifique continent.

L’Amérique du Sud est aussi une terre d’Histoire, derrière chaque pierre peut se cacher une légende forgée par les grandes civilisations qui se sont succédées. La forêt tropicale comme l’Altiplano ou la Patagonie ont été les lieux où se sont épanouies des cultures entières avec des créations artistiques et architecturales bien encrées dans leurs milieux.Même après avoir longtemps été piétinés au nom d’un dieu ou de la sainte monnaie, le sentiment d’appartenance à un peuple ancien perdure toujours chez les natifs. Traditions et rites séculaires, comme la langue Quechua hérité des Inca ou les cérémonies religieuses Mapuche, se conservent de générations en générations avec plus ou moins de bâtons dans les roues. Certains gouvernements n’acceptent pas de concilier modernité et tradition. Mais derrière le passage de la grande Machine Mondialisation, les racines restent souvent en place.

Les peuples Sud Américains considère la Terre comme un être vivant, qu’ils nomment Pachamama. A l’image de la déesse Kâlî pour les Hindous ou Gaïa pour les Grecques, cette divinité est une considérée comme une mère qui peut aussi bien être créatrice que destructrice. A ce titre, il faut absolument respecter son intégrité et même lui apporter des offrandes pour garantir notre existence à sa surface. Malgré on importance dans les cœurs, les contradictions s’empilent en ce qui concerne l’usage de leurs territoires.

L’Amérique du Sud est le centre d’un intense pillage, les richesses géologiques et agricoles sont intensément exportées vers nos pays. Tout cela ne se fait pas sans laisser de traces, sans faire saigner la Terre comme les natifs pourraient le dire. Pollutions des sols et des rivières sont inhérentes à ces activités. La déforestation et même la désertification sont intimement liée à la sur exploitation de ces milieux. L’arrivée d’une société de consommation dans une société traditionnelle rime souvent avec la perte des activités agricoles traditionnelles et la transformation de la Nature comme réceptacle à ordure. Les problèmes environnementaux sont multiples et les cibles ne manquent pas. Que l’on se focalise sur la pérennité des peuplements humains ou sur l’érosion de la biodiversité les exemples se succèdent pour illustrer la situation (contamination du Rio Paraguay en plein cœur du Pantanal, désertification grandissante en Patagonie, exode climatique en Bolivie…)

Il perdure par endroit, comme dans certaines régions de la Bolivie, une conception du développement bien éloignée de celle que l’on a en occident, héritées des cultures pré colombiennes et de leurs fabuleuses épopées. Evo Morales président de la Bolivie explique cela aux Nations Unies depuis deux mandats déjà. Il différencie la politique du vivir bien et du vivir mejor. Cette notion trouve la aussi des similitudes avec les propos de Emmanuel Kant sur besoins primaires et relatifs. Pour résumer l’Homme doit se concentrer sur besoins primordiaux comme, avoir de l’eau potable, manger à sa faim, se vêtir, pouvoir se soigner,…, et non se disperser en multipliant ces besoins qui permettent d’exister et se hiérarchiser les uns les autres mais nous éloignent du bonheur. Morales critique pour sa part le système capitaliste, en expliquant que son peuple ne voie surtout que les conséquences de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et que la dynamique de croissance perpétuelle qui le fait vivre n’est pas compatible avec le système Terre.

La vie paisible de ces petites communautés passe aussi par la préservation et le respect des animaux emblématiques, qui sont les petits camélidés, le serpent, le puma et le condor. Les trois derniers appartiennent au bestiaire mythique et représentent les trois mondes de l’existence, infra monde, présent, et au-delà. Ils sont les gardiens de l’équilibre du monde Andins. Les petits camélidés comme le Lama et l’Alpaga sont d’une importance capitale. Comme le yack Tibétain ou le cheval Mongol, ces animaux sont utilisés dans leurs entiers, bât, laine, viande, et même peut être lait. Le Lama et l’Alpaga sont sans conteste des animaux aussi utiles qu’adorés.

Avant de terminer, il faut aussi revenir sur une rencontre forte de ce voyage. Les singes du nouveaux, Capucins, Singes Araignées, Saïmiri et tous ceux que l’on n’a pas rencontré, sont passionnant. Ils ont suivis un chemin évolutif différent de celui de l’Afrique dans un milieu complètement différent leur permettant d’utiliser leurs queux pour se déplacer de branche en branche. Les Capucins sont considérer comme l’une des espèces de primates les plus intelligentes, et ils le sont. Nous avons vraiment eu l’impression de rencontré de petite communauté comme si l’on pénétrait dans un village. Leurs personnalités toutes différentes les rendent très attachants.

Voila, l’Amérique du Sud est un continent qui se découvre à son rythme, celui de la Terre ou celui de la Samba. C’est en prenant le temps de vivre qu’un Nouveau Monde s’est ouvert devant nos yeux. Merci à tous de nous avoir suivis et soutenus lors de ce voyage. En espérant que nous avons pu vous transmettre nos sensations et notre émerveillement devant toutes nos découvertes.

2 Commentaires laisser un →
  1. Josette et Bernard lien permanent
    13 juillet 2010 22 10 43 0743

    Merci Océane et Elie pour nous avoir fait partager vos passions et vos émotions dans des paysages exceptionnels par l’intermédiaire de vos récits et photos magnifiques.6 mois inoubliables.
    Gros bisous
    Josette et Bernard

  2. 15 juillet 2010 11 11 42 0742

    Merci pour les récits et les photos…ca me donne des idées pour mes prochains voyages comme ca. Bon retour en Franche Comté sous le soleil et à bientôt.

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